Qu’aimerait bien avoir l’air mais qu’a pas l’air du tout

La source d’inspiration aurait voulu avoir l’air

La couronne d’office dont je me suis inspiré porte le nº 71.1.216 dans la collection Hotermans. Cet ustensile est frustre.

On imagine un client qui ne voulait pas payer mais qui voulait faire voir son aisance. On l’imagine désagréable et puni pour l’avoir été.

On voit d’ici un apprenti qui s’en est trop mêlé et le forgeron qui explique à la cliente que bien sûr, le prix sera plus bas. On  peut entendre toutes sortes d’histoires avec ces ustensiles. Ils faut les écouter.

Il est probable qu’il s’agit du travail d’un forgeron qui n’œuvrait pas aux grandes œuvres comme les grilles d’église mais faisait plutôt avec son talent plus limité, plus simple dans un village modeste, des ustensiles plus rustiques.

Les dimensions, la forme, les crochets agrémentés de volutes ont voulu donner à cette couronne d’office des airs des couronnes des riches bouchers des Halles de Paris ou celles qu’on retrouvait

dans les cuisines de châteaux ou d’abbaye qui les commandaient avec moulte ornementation aux serruriers.
Note -1-

 

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Enfin, presque : c’est une couronne, pour citer Brel,

qu’aimerait bien avoir l’air mais qu’a pas l’air du tout.
Faut pas jouer les riches quand on n’a pas le sous.
« Ces gens-là »

  1. chaque crochet a ses propres dimensions;
  2. les rivets ont été battus à mort;
  3. un des rivets manquant de solidité, la couronne a maintenant le crochet de travers. C’est aussi possiblement de l’usure ;
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  4. tous les crochets sont grossièrement martelés ;
  5. entre les supports axiaux (dont les extrémités sont forgées en crochet), il y un seul crochet sauf dans un des espaces où il y en a deux. Il y a donc neuf crochets au lieu des huit que commanderait une symétrie élémentaire.
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Avec ses défauts, ses faux airs et ses prétentions, elle m’a plu. Voici les dimensions de l’originale et où son inspiration m’a mené.

Les dimensions de l’originale

Voici des notes prises au musée :

  • Description
    • visuelle :
      • un cercle où sont rivés 5 crochets à volutes et 4 crochets formés par les bouts des supports axiaux;
      • au sommet, un anneau retenu dans l’œil d’un émerillon.
      • Un travail frustre
    • technique :
      • les crochets et les supports axiaux sont rivetés au cercle;
      • le cercle est soudé à la forge;
      • les crochets sont en nombre impairs, neuf et un des espaces entre les supports comprend deux crochets;
      • Les crochets n’ont pas tous les mêmes dimensions;
      • Le bout de l’émerillon sur lequel la couronne pivote est refoulé
  • Dimensions (mm)
    • hauteur
      • totale 285
      • crochets
        • de la base au sommet ± 75 à 80
        • de la base à la pointe 42
    • longueur
      • émerillon 51
    • largeurs
      • crochets
        • les cornes 75 à 85
        • espace entre la pointe et le corps du crochet 46
    • diamètres
      • cercle 247 à 250 il y a des déformations
      • anneau de suspension 46
    • matériau
      • crochets
      • cercle, plat 4 x 25
      • supports axiaux
        • support axial supérieur plat 3 x 26
        • support axial inférieur, plat 3 x 19
      • émerillon ø 5
      • anneau de suspension ø 5

Ce que j’en ai fais

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Elle m’a beaucoup plu cette couronne qui s’est donné des airs mais je ne l’ai pas reproduite. J’ai forgé plutôt une copie.

En bref, voici un aperçu des paramètres que je m’impose : il y a une reproduction quand les méthodes de forgeage, la forme de l’objet et ses dimensions sont identiques. Il s’agit d’une copie si  un de ces éléments est différent. Si plus d’un des éléments est différent une pièce n’a alors que servi de source d’inspiration

Les techniques que j’ai utilisées ne sont pas tout à fait les mêmes que celles utilisées pour la fabrication originale : sur la couronne originale, les extrémités sont soudées au feu, je les ai rivetées. Pour  le reste, les techniques sont les mêmes : marteau, enclume et les outils d’aide que j’ai forgés, soit, une fourchette pour plier, un tas de serrurier pour forger les rivets, un cône pour assurer la forme ronde et un burin pour fendre le fer.

Pour la forme, il y a aussi des modifications. Que je vous raconte.

Entre et à travers les mandats, il  y a toujours dans ma forge un ustensile en chantier. Je vient de terminer un autre grille-pommes parce qu’on m’a acheté le mien. Après cette couronne d’office, ce sera sans doute une cuillère à ragoût puis la crémaillère de 1741 que j’ai présentée il y a quelques temps.

C’était donc au tour de la couronne d’office que j’avais choisie et j’avais le temps enfin. Enthousiaste, je me suis précipité et au lieu de prendre le temps de bien vérifier mes photos et mes notes, je me suis emballé à la fin d’une journée, j’ai erré dans ma mémoire et je me suis retrouvé avec des supports axiaux droits et angulés plutôt que courbes comme ceux de l’original. J’ai donc sérieusement modifié les formes de l’ustensile.

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Les  crochets reproduisent fidèlement les originaux. Ils sont même au nombre de neuf comme sur l’original au lieu des huit qu’ils devraient être.

Dimensions de ma copie

 

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  1. Mercuzot, « Fer forgé, Histoire, Pratique, Objets et Chefs d’œuvres« , page 188.
    Noter que cette proposition de Mercuzot s’oppose à celle que je proposais dans un article sur les couronnes d’office. Il me semblait que les couronnes les plus ornementées ne se retrouvaient sans doute pas dans les cuisines des châteaux où les maîtres et leurs invités ne venaient jamais. Je le pense encore. Il se peut cependant qu’on en ait retrouvées dans les cuisines des abbayes. Qu’on pense par exemple à la décoration anthropomorphe du tournebroche de l’Hôtel-Dieu de Beaune, ce petit bonhomme qui semble tourner le système alors qu’il est entraîné par lui. Il se peut donc, bien sûr mais je me demande encore pourquoi et, autre question, les Hospices de Beaune avaient-elles un forgeron en résidence?

 

 

 

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Elle le battait dans la cuisine …

Au clair de la lune

Va chez la voisine
Je crois qu’elle y est
Car dans la cuisine

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Un briquet forgé dans une lime

Bien qu’on ait tassé les braises sous le couvre-feu, si on en possédait un ou qu’on les ait soigneusement couvertes de cendre, le feu, parfois, mourait. Il fallait alors ou bien aller chercher des braises chez le voisin (1) ou battre le briquet.

Un moyen parmi d’autres de produire du feu

Plusieurs techniques bien connues pour produire le feu consistent à frotter ensemble deux objets de bois : en tournant une baguette avec ses mains, avec un arc ou avec une forme de vilebrequin, une baguette frottée dans une raie creusée dans un morceau de bois et j’en passe. 

On a aussi frotté un objet de métal contre une pierre de silex. C’est le fusil. On l’appelle aussi briquet et batte-feu. Les vidéos des adeptes de plein air et de ceux qui se préparent à survivre au chaos universel (qui devrait, semble-t-il, nous frapper sous peu) en faisant du camping au fond des bois, nous font tous voir comment on s’en sert.

Le processus est simple : on frotte le fusil sur un morceau de silex. La dureté de la pierre arrache des éclats de carbone à l’acier. Ces éclats chauffés par le frottement volent en étincelles. Celles-ci enflamment l’amadou ou une autre matière facilement inflammable.

Il y a une légère variante chez Seymour-Lyndsay qui propose de frotter la pierre sur le briquet. Un détail vous me direz.

The method of using was to hold the steel, which was in the form of a hook or loop, in the left hand a few inches above the tinder and strike it a sharp downward blow with the flint.
(page 55)

Un ustensile ancien et universel

Il y a bien longtemps qu’on a découvert cette manière de produire du feu. Quelques musées conservent des fusils gaulois et gallo-romains.

Il y en avait partout. Il y en avait beaucoup.

Il faut noter que pour Lecoq, le fusil enflamme de l’amadou (un champignon), dont le coût relativement élevé lui fait dire que

… de ce fait, l’usage du fusil ne fut pas aussi général qu’on pourrait le penser.
(page 101)

Il me semble plutôt, on me corrigera, que c’est l’usage de l’amadou qui aurait été moins répandu. Les futurs survivants du chaos et les amateurs de camping, dans leurs vidéos, utilisent du coton carbonisé, ce qui est surement moins couteux que l’amadou. Je pense plutôt que l’usage du briquet était aussi répandu qu’on le croit.

Suffisamment répandu pour devenir un objet de commerce

En Nouvelle-France, on pourrait même croire que toutes les maisons en possédaient, qu’il était ici d’usage courant aux 17e et 18e siècles (2).

Cette affirmation se justifie avec les 63  douzaines de batte-feux en inventaire chez le seul marchand Lemoyne à Montréal en 1685. En 1681, la population de Montréal totalisait 1388 personnes. Il y avait 638 célibataires de moins de 15 ans d’âge qui vivaient sans doute encore chez leurs parents (3). En gros, un seul marchand possédait donc en inventaire 756 briquets pour un bassin de clients constitué des 750 personnes de plus de 15 ans d’âge.

À la même époque, à Paris, la demande pour cet ustensile était telle que des marchands ambulants en vendaient dans les rues.

Capture d’écran du « Paris ridicule et burlesque » de Bertod dans Gallica de la BNF

Des forges industrielles anglaises en proposaient à la vente dans des Pattern Books, les catalogues adressés à des marchands d’Angleterre et de Nouvelle-Angleterre en 1797.

Fire steels, Pattern Book

Briquets dessinés à partir de « A Pattern Book … » comme on peut le lire dans l’illustration

Quant à son ancienneté, elle est aussi bien établie : le briquet apparaît dans le collier de l’Ordre de la toison d’or au 15e siècle.

Battu depuis longtemps, il a la vie dure …

On en a fabriqué jusqu’au 20e siècle. Mieux, on en fabrique encore.

On les trouve dans des reconstitutions historiques, dans les bagages des aventuriers qui reprennent les routes des coureurs des bois, de ceux qui s’adonnent au camping sauvage … Ils sont encore nombreux ceux qui ne partent jamais sans eux.

Les forgerons qui vendent une version ou l’autre du briquet de la chanson sont légion. On en trouve partout en ligne (essayez Etsy) et le nombre d’articles que l’on y trouve à propos du briquet (googlez « steel striker ») est très grand.

Collane eines Ritters vom Orden vom Goldenen Vlies

La toison d’or

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Je me suis amusé

Il y a même les fournisseurs de matériel de plein air qui se sont mis à produire une nouvelle forme de briquets.

Briquet armée

Modèle « Army » vendu par un marchand d’équipement de plein air

Les formes

En regardant rapidement les illustrations à propos des ustensiles de cuisine des 17e et 18e siècles, il y a une forme de briquet qui semble dominer. C’est celle du briquet au centre, à droite dans la photo ci-dessus. Mais elle n’est pas la seule. Loin de là.

Les formes anciennes, forgée par des individus sont multiples, innombrables, imprévisibles. Elles ne sont limitées que par l’imagination du forgeron et de son client. On peut voir que je me suis amusé à en forger avec de vieilles limes trouvées dans les ventes de garage (les vide-greniers disent les cousins de ma blonde). Ces briquets sont forgés à cous de marteaux. On pourrait en forger toute la journée et ne jamais en produire deux tout à fait —mais alors là,tout à fait— pareils.

Les formes actuelles, industrielles, des fusils sont limitées. Il n’y a que peu de différences entre eux. Ils ressemblent tous au modèle « Army ». Et quand une forme est choisie, les machines reproduisent cette forme parfaitement. Tous les objets de ce modèle sont parfaitement pareils.


(1) Lucas Hearth and Home, page 20

(2) Les objets de nos ancêtres, à la rubrique « batte-feu »

(3) Pour l’inventaire de Lemoyne : Séguin, Les ustensiles en Nouvelle-France, page 6. Pour la population de Montréal : Dechêne, Louise; « Habitants et marchands de Montréal au 17e siècle » ; Plon, Montréal, 1974 ; tableau C, page 495.

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Trois rôles pour la couronne d’office

La couronne d’office a servi à la conservation des aliments, à leur préparation et,  pour les plus décorées, à  l’étalage de l’aisance de leur propriétaire.

Conservation des aliments

Le Littré qui donne une trentaine de définitions et de variantes du mot couronne, ne semble connaître qu’une seule couronne de fer, celle des rois lombards d’Italie. Ce n’est pas à celle-là qu’on pendait les jambons de la maison. 

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Couronne présentée dans Wikipedia

Objets d’hier nous relaie la définition de  C.Arminjon et N.Blondel dans l’ouvrage important « Objets civils et domestiques » :

La couronne d’office est un instrument en fer (le plus souvent forgé), constitué de plusieurs crochets métalliques, suspendu par un anneau ou un crochet, utilisé pour y accrocher de la viande et de la charcuterie afin de les conserver en les faisant sécher et fumer. La couronne d’office (autrement nommée « couronne à viande », « couronne à gibier », « couronne à andouilles », « couronne de cercle »,  « cercle-couronne ») est constituée de plusieurs crochets montés sur un ou plusieurs cercles horizontaux superposés reliés les uns aux autres par des bandes de métal, s’entrecroisant pour former un dôme terminé au sommet par un anneau de suspension. Elle peut parfois être complétée par des douilles pour des bougies. »

On montait les couronnes aux poutres de l’office ou de la maison comme on le verra plus loin et les en descendait avec une corde (Lecoq, page 212) qui passait dans l’anneau de leur sommet puis dans une poulie (Lyndsay, page 36) ou une roue à gorge et qui venait s’attacher au mur. C’est ce qu’on voit dans la  « The Kitchen » (1646) de David Teniers à laquelle se réfère Lyndsay. L’âtre se trouvant dans la pièce du fond, cette scène se passe proprement dans une office.

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On suspendait aussi les aliments à des esses glissés sur une barre ou une poutre comme on le voit dans la « Scène de cuisine » de John Atkinson (1771).

Et, comme Chardin le fait habituellement dans ses toiles, « Nature morte avec des ustensiles de cuisine » et ailleurs : « La raie », « Le menu gras »,on pendait aussi les produits de la chasse et de la pêche à de simples crochets .

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Préparation des aliments

Lyndsay place les couronnes d’office « in the larder », comme tout le monde, mais pour y suspendre les produits de la chasse, lapins, faisans etc. comme il appert dans les toiles indiquées plus haut. Il ne mentionne pas la conservation ou le fumage. Ces produits ne sont pas encore dépecés, la raie attend la préparation.

La couronne d’office était donc utilisée couramment et non pas uniquement au moment de mettre jambons et saucissons à fumer ou à l’abri.

Étalage de son aisance cet « état de fortune qui permet de se procurer les commodités de la vie » Littré

La suspension des aliments à une couronne d’office supposait des frais beaucoup plus importants que ceux commandés par un crochet au bout d’une corde ou quelques esses forgeables en quelques coups de marteau.

Il y eut des couronnes d’office qui ne furent qu’utiles, certes. Je pense à celles qu’on semble trouver en Angleterre et qui n’ont aucune décoration, nous le verrons plus loin.

Il y en eut aussi qui servirent à couronner, qu’on me passe le mot, le statut social de ceux qui commandaient des couronnes ornées et parfois complexes. On peut même parler d’ustensile d’apparat.

Celle de l’illustration qui suit est mise en vente par l’antiquaire « La Flandre Illustrée » sur e-Bay.fr (note 2). Elle est du 19e siècle nous dit l’antiquaire et n’appartient donc pas à la période qui nous intéresse. Cependant, elle appartient au mode de cuisiner de l’époque qui lui n’avait pas encore changé partout en France au 19e siècle. Avec cette couronne, on a dépassé de loin la seule utilité. La décoration est complexe et complétée par des douilles pour recevoir des bougies.

Mais qui était prêt à dépenser autant?

couronne d'office 1

Offerte en vente sur e-Bay.fr

On sait que les bouchers qui possédaient un étal à la Halle de la boucherie, en commandaient aux plus habiles ferronniers (note 1). Ces étals étaient très recherchés parce que très rémunérateurs. On peut facilement imaginer le besoin pour certains de « se mettre à niveau », celui pour d’autres de surpasser le concurrent … on peut imaginer. Elles n’officiaient cependant pas seulement au dessus des bonnes têtes rougeaudes des bouchers des Halles de Paris.

Où se trouvaient les couronnes ornées?

Dans les intérieurs modestes, les couronnes d’office étaient sans ornement, …
(Lecoq, page 215)

Non plus dans les offices des grands châteaux il me semble.

Dans les très grandes maisons, la cuisine et l’office étaient sinon dans des bâtiments à part du corps d’habitation, du moins dans des parties de la maison assez éloignées pour que les odeurs qui en émanent ne soit pas un inconvénient pour les seigneurs, les bourgeois ou autres maîtres (note 3).

Ainsi, comme ni les maîtres de la maison ni leurs visiteurs n’allaient aux cuisines, je ne vois pas que les maîtres aient dépensé les sommes nécessaires à décorer des couronnes d’office qu’ils ne voyaient jamais. Il faudrait que de telles couronnes ornées soit alors le fait de chefs de cuisine ou de maîtres d’hôtel soucieux de plaire à leur maître si  comme Carême ils avaient un maître (Talleyrand) qui passait aux cuisines et remarquait chaque fois « Ils ne dépensent pas assez! »

Ainsi, c’est dans les maisons aisées certes mais où le foyer et son âtre étaient le centre de la vie et où le maître de maison pouvait afficher  l’aisance de la famille qu’on retrouvait les couronnes les mieux ornées. Elles complétaient la panoplie des râteliers de cuisine les plus décorés où pendaient des fourchettes d’honneur.

Bibliographie

Quelques références bibliographiques :

En Angleterre

En Angleterre, la couronne d’office ne semblait avoir que l’utilité comme justification : elle servait à conserver et à préparer les aliments. On ne la décorait pas.

Le dessin nº 184 de Lyndsay suit. Les autres dessins qui entourent la couronne sur cette page servent à rôtir les viandes comme le faisait le tournerôt à ficelle.

Lyndsay ill. 184 cour d'office

Il la décrit ainsi : (noter que les supports axiaux sont soudés au sommet)

The hooks are attached to a band of wrought iron from which three stretchers arch upwards and meet together, having a ring at the top for suspension.
(page 36)

Il ne fait aucunement mention de la possibilité de quelque décoration.

Deeley quant à lui, place la couronne d’office dans sa section « Kitchen storage ». Ce qui est intéressant, c’est l’absence de décoration sur la couronne qu’il nous dit être une « 18th century English ‘Dutch Crown' » alors que l’autre, décorée avec des fleurs de lys, est qualifiée de « Continental » par Deeley.

couronnes d'office Deeley 117

Deeley page 117

Brears n’a pas vu de couronne d’office dans « The old Devon Farmhouse ». Il en mentionne deux dans son « Kitchen Catalog » du Castle Museum de la ville de York. Il illustre la deuxiéme :

Brears couronne d'office Kitchen Cat

Avec sa quarantaine de crocs, c’est un ustensile impressionnant de 645 mm de haut et de large. Elle semble ne pouvoir supporter que de petits morceaux de viande ou de petits oiseaux en l’absence de supports axiaux, les couronnes n’étant jointes à la tige centrale qu’en leurs centres. Des pièces plus lourdes viendraient rapidement à bout de l’équilibre des couronnes, surtout de celle du bas. Il n’y a pas ici non plus de décoration. C’est une couronne strictement utilitaire.

La couronne d’office n’est qu’un outil en Angleterre et n’a pas servi à afficher l’aisance. Il semble.

En Italie

Chez Scappi, la couronne d’office est essentielle.

On voit dans la gravure 1, de son Opera, deux crochets fichés dans une poutre du plafond, à droite et à gauche d’une lampe à trois becs. Par une chaîne, deux couronnes d’office y sont sont suspendues. La couronne de gauche porte des viandes, celle au crochet de droite en attend.

Ces couronnes sont constituées de trois crochets forgés aux bouts de trois tiges soudées ensemble à l’autre extrémité et forgées en forme d’œillet où s’accroche la chaîne.  Au bout des tiges on a forgé un œil pour y passer un maillon de chaîne. Ces objets rappellent la couronne décrite par Lyndsay plus haut. On ne voit pas de corde qui permette de descendre la viande facilement comme on voit dans les toiles présentées ci-haut ce qui faciliterait les gestes décrits par Scappi.

Dns sa liste des ustensiles nécessaires dans une cuisine (§ 43) se trouvent « Forcine per attacare, & distaccar le carne » et dans la traduction : « hooks to hang up and take down meat » (page 125 dans la traduction de Terence Scully).

En Nouvelle-France

On ne peut que spéculer sur la fréquence de la présence des couronnes d’office aux poutres des maisons de la Nouvelle-France. Chose certaine il y en avait.

Dans « Les ustensiles en Nouvelle-France » Séguin ne mentionne que peu de chose :

« un Crochet … & un Crocq a pendre de la viande » en la maison de la famille Lamothe, rue Notre-Dame, à Montréal
(page 46, Séguin cite un inventaire du notaire Adhémar)

Il n’en parle pas dans « La civilisation traditionnelle de l’habitant » aux XVIIe et XVIIIe siècles ».

Pour Genêt, Vermette et Décarie-Audette, dans « Les objets familiers de nos ancêtres » on trouve la couronne d’office suggérée …

croc à viande
n.m. Ustensile de fer constitué d’un ou plusieurs crochets pour pendre la viande.

… puis explicitée au prochain mot de leur répertoire :

crochet à viande
n.m. Pièce de fer recourbée pour suspendre la viande: « Un crochet de fer à tirer la viande ». La couronne d’office, couronne de fer forgée munie de crochets est également destinée à cet usage. Toutefois cet ustensile est signalé sous une autre appellation: « un cercle avec des crochets pour mettre de la viande ».

Le mot, l’expression « couronne d’office » lui ne fait pas partie de la compilation de cet ouvrage.

En somme, la prose des notaires de la Nouvelle-France ne semble pas avoir connu l’expression « couronne d’office » ou l’avoir si peu souvent utilisée que les chercheurs ne l’ont pas repérée ou ont décidé de ne pas la mentionner … Quand j’écrivais cette phrase, je me suis rappelé celle de Lecoq qui dit que :

Par contre, si l’on trouve encore des couronnes d’office dans les régions du Nord et de l’Ouest, elles ne sont pas citées dans les anciens inventaires
(page 212)

Nos notaires venaient d’où? Je ne sais, mais la couronne d’office existait bien que les inventaires ne les mentionnent pas sous ce vocable.

Petite Googlographie

Il y en a une très belle du 17e siècle au Metropolitan Museum of Art .

Une couronne du 15e siècle conservée au musée Le Secq des Tournelles. Il est possible sur ce site du musée d’agrandir la photographie pour voir de près, en haute définition les détails de cette couronne.

Cette dernière couronne fait aussi partie de la série présentée par « Objets d’hier » à la suite de leur article simple et intéressant sur les couronnes d’office.

Le blog des Vieux outils et art populaire présente une couronne en fer, simple et deux couronnes en bois intéressantes, allez voir.

Il y a aussi d’autres toiles de l’époque qui errent sur le WEB.

Pour terminer, celles vues jusqu’à maintenant dans la Collection Hotermans 

Dans les articles qui suivront, je donnerai les dimensions de ces couronnes du musée Stewart et de celle que j’ai forgée en m’inspirant de la couronne nº 71.1.216

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Nº dans la collection : 71.1.215

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Nº dans la collection : 71.1.216

 

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Nº dans la collection : 71.1.219


note 1: nous dit Henry d’Allemagne cité par Lecoq qui ne précise pas la référence et je ne l’ai pas trouvée, n’ayant pas accès à l’œuvre de d’Allemagne. Pour ceux d’entre vous qui auraient une copie de son livre sur le Musée Le Secq des Tournelles, vous l’y trouverez sûrement. J’ai trouvé dans Gallica la description que donne d’Allemagne de couronnes d’office pendues au plafond de la Tour de Rouen (page 15).
note 2 : l’antiquaire demande à ce jour (160316) la somme de 950€ pour cette couronne.
note 3 : il faut lire l’article sur la cuisine de Viollet-Le-Duc. Pour lui, la cuisine doit être un bâtiment à part du corps principal du château. La cuisine dans le château ou dans l’abbaye est une corruption du bon goût … :

Faire d’une cuisine un bâtiment spécial isolé, parfaitement approprié à sa destination, c’eût été, pour les architectes de la Renaissance, déshonorer une ordonnance d’architecture. Depuis lors, on voulut dissimuler ces services essentiels (les cuisines et les offices) : on les relégua dans des caves, on les plaça comme on put dans les corps de logis, au risque d’incommoder les habitants des châteaux. On voulait avant tout présenter des façades symétriques, des cours régulières ; mais, comme il faut dîner, quelque amour que l’on ait pour l’architecture symétrique, l’odeur de la cuisine, le bruit des gens de service se répandent à certaines heures dans une bonne partie des palais.

 

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Cette fourchette m’a intéressé

Moins belle que d’autres peut-être mais …

Parmi toutes les fourchettes  que je vous ai présenté et d’autres qui viendront, celle-ci, aussi simple qu’elle soit, a attiré mon attention pour deux raisons :

  1. Elles a un défaut.Pressé , peut-être, victime d’une mauvaise journée, peut-être ou distrait par le village qui passe devant sa forge, le forgeron n’a pas inversé les spires irrégulières du manche. Ou serait-ce un apprenti qui se trompa et qu’on imagine être engueulé par le forgeron ? La mode à une certaine époque, l’esthétisme exigeaient l’inversion des spires.La perfection de l’exécution, la facture sans faille sont souvent attribuées aux artisans de temps passés. On répète encore maintenant à l’envi la rengaine entonnée par Viollet-le-Duc au milieu du 19e siècle :

    … que la main-d’œuvre est tombée bien au-dessous de ce qu’elle était il y a quelques siècles, lorsqu’il s’agit de travailler le fer.
    Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné de l’architecture française du 11e au 16e siècle, à la fin de l’article « grille ».

    Trouver une imperfection commise en ces temps mythiques ramène ceux-ci sur terre, les dote d’une réalité dont les privent les croyances et les fables qui en parlent. Cette fourchette nous rassure : les artisans du 16e siècle, comme les artisans de maintenant, avaient des mauvais jours et des apprentis malhabiles.

  2. Cette coutume, l’inversion des spires et leur irrégularité, avait surtout cours au 16e siècle selon Lecoq.

 

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Fourchette à grillades et à rôtis, Collection Hotermans nº 71.1.254.12,  Musée Stewart


 

Description

Fourchette de 613 mm de longueur. Les fourchons sont droits. Elle est en excellent état.

Ces fourchettes employées pour retourner la viande sur le gril ou pour piquer les pièces mises  à rôtir, sont caractérisées par des fourchons, deux en général, aigus et le plus souvent droits … Leur taille peut varier entre 30 et 80 cm selon qu’on les employait avec les grandes broches ou avec les tournebroches à ressort.
Lecoq, page 233.

Le manche est décoré de spires irrégulières. L’irrégularité des spires vient de ce qu’elles ont été forgées à des températures différentes : plus chaud, les spires sont plus resserrées, plus froid elles sont plus allongées. L’irrégularité pouvait être désirée. Ou non …

À première vue, on pourrait croire que les spires sont inversées. On s’y attendrait. Elles tournent cependant dans le même sens. L’intention était de les inverser de toute évidence. Une telle inversion établit clairement qu’il y a deux spires et que l’arrêt entre les deux est un choix. Si, comme ici, elles tournent dans le même sens,  le point de jonction semble une hésitation, un défaut.

Voici une fourchette que j’ai forgée : les spires sont inversées et régulières. On voit que le point de jonction est un choix esthétique.

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Fourchette à spires régulières inversées

Datation

Selon les indications de Lecoq (page 232), les fourchettes ayant des spires irrégulières (ce que nous avons ici) et inversées (comme on a semblé vouloir le faire et comme on aurait dû le faire) datent du 16e siècle.

Cette fourchette aurait donc piqué des rôtis tournant sur des broches avant que la ville de Québec ne soit fondée et la Nouvelle-France bien établie. Bien sûr, elle aurait pu être forgée plus tard mais ne boudons pas un petit plaisir. Il est très rare que l’on puisse dater avec précision les ustensiles que je découvre au musée Stewart. Pour cette fourchette les indications de Lecoq sont claires. Une telle fourchette se trouvait sans  doute dans les bagages d’une des premières familles qui sont venues ici.

La cuisine québécoise  a toujours été bien garnie d’ustensiles de toutes sortes. Les hommes de Cartier qui appareillent à Saint-Malo au printemps de 1541, disposent de « tous les ustensiles nécessaires à la cuisson, à la consommation et à la conservation des aliments.
Séguin, Les ustensiles en Nouvelle-France, page 1.

Dimensions (en millimètres)

  • longueurs
  • totale, 613
  • les fourchons, 86
  • les spires, 220
  • diamètres du  manche
  • aux fourchons, 10
  • aux spires, 12
  • près du crochet, 8
  • largeurs
    • du crochet, 23
    • des fourchons sur la diagonale, 9

 

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Photos : Yves Couture

 

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Une crémaillère de 1741

Nº de la collection Hotermans  : 71.1.144.3

Dans l’article sur les crémaillères en général, j’annonçais la présentation de certains spécimens de ces ustensiles. En voici un et particulièrement intéressant parce que nous pouvons le dater avec une quasi certitude.

C‘est une grande crémaillère à dents (au musée Stewart, elle est identifiée comme une crémaillère à cran) décorée de motifs évoquant un ou des bâtiments religieux. On ne semble posséder aucune indication précise de la provenance régionale de l’ustensile. Il est aussi gravé dans le fer, en haut de la crémaillère, « 1741 ».

La même année, en Nouvelle-France, sur la rive sud du Saint-Laurent, François-Pierre Boucher faisait bâtir son manoir qui s’y trouve toujours ; le chevalier de Longueuil, selon une ordonnance en date du 15 avril, ramasse les terres des nommés Lamarine, François Rousson, Jacques Jenesse, Noël Gatien et Joseph Gautier qui ne tiennent point feu et lieu et n’ont fait aucuns travaux sur leurs terres ainsi qu’ils y sont obligés par l’arrêt du Conseil d’Etat du roi du 6 juillet 1711 ; François-Étienne Cugnet, directeur de la ferme d’Occident et investisseur important des Forges du Saint-Maurice, fait faillite personnelle et en France un forgeron forgeait une crémaillère et y gravait l’année au bas de la tige mobile (note 1).

Dimensions de la crémaillère et de ses parties

Toutes les dimensions sont données en millimètres.

  1. longueur totale de la crémaillère
    • maximale  (pleine extension), 1251
    • minimale, 851
  2. anneau de suspensionCrémaillère à dents (1741) 71.1.144.3
    • matériau, plat de 6 x 15
    • hauteur, 116,5
    • largeur
      • maximale, 73
      • minimale, 43
    • Ø du trou pour le joint pivotant : 18
    • l’anneau de suspension a été formé par soudure à la forge et le lien est invisible.
  3. tige fixe
    J’utilise ici le vocabulaire de Lecoq qui distingue la tige mobile, celle où les dents sont découpées, de la tige fixe qui est elle accrochée à la barre traversant la cheminée ou même à une potence (dans le cas des plus petites crémaillères) et où repose l’étrier qui, lui, retient la tige mobile et son crochet à la hauteur désirée.

    • longueur totale, 543
    • Ø 13
    • bout rond qui retient l’étrier, hauteur 21
      • DSC04713

        Bout rond de la tige fixe et l’étrier

    • tige entre le bout rond du bas et l’œillet qui retient le joint pivotant de l’anneau de suspension, 490
    • œillet au haut de la tige fixe qui retient le joint pivotant de l’anneau de suspension, Ø 32 .
  4. tige mobile
    • matériau, plat 7
    • longueur totale, 690
    • largeur
      • au niveau des dents, 75.
        La largeur au niveau de la dent du haut n’est que de 50.
        Il y a neuf dents en bon état.
        Au bas, tout juste avant le crochet, il est possible d’identifier une dent brisée et un autre point qui a servi à l’ajustement de la hauteur mais qui n’a pas été découpé comme les autres dents. En fait on voit beaucoup d’usure à ce niveau et il est difficile d’identifier la forme originale de ce point d’ajustement … si c’en était un …
      • au niveau du lien entre la tige fixe et la tige mobile, 65.
        Le 
        lien (œil) avec la tige fixe est composé d’un plat replié sur lui-même et soudé (à la forge) à la tige mobile.
  5. étrier (voir la photo qui précède)

    • longueur totale, 160
    • largeur du matériau, 11,5
  6. largeur des gravures le long de la tige mobile, 30

Date gravée

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La fleur de lys est découpée dans la masse

L’œil qui permet à la tige mobile de glisser le long de la tige fixe, a été formé dans un plat qui est soudé à la tige mobile.

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Partie du haut, évocation d’un bâtiment religieux

Crémaillère à dents (1741) 71.1.144.3


Centre de la gravure

Crémaillère à dents (1741) 71.1.144.3


Suite de la photo précédente

Crémaillère à dents (1741) 71.1.144.3


Bas de la gravure et l’étrier

Noter l’usure des dents du bas.

Crémaillère à dents (1741) 71.1.144.3


Anneau de suspension et son joint pivotant

Crémaillère à dents (1741) 71.1.144.3


Crochet

Dessin qui fait voir l’état dans lequel l’usure a laissé le bas de cette crémaillère. Elle a beaucoup servi!

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Note 1 : monsieur Alban Cristin antiquaire au manoir de Lormarin m’a confié que la première crémaillère de son importante collection porte aussi la date de 1741 gravée juste en haut du crochet.

Note 2 : toutes les photographies ci-haut sont de Yves Couture

 

 

 

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… et il y eut beaucoup de fourchettes …

La caisse marquée « Hotermans 02 »

 

Dans une caisse du musée Stewart marquée « Hotermans 02 », une trentaine de fourchettes étaient douillettement rangées en étages. Une caisse pleine! Pourquoi tant de fourchettes? Monsieur Hotermans avait-il un goût prononcé pour cet ustensile? Était-ce l’ustensile qui (avec les trépieds semble-t-il) avait été le plus conservé par les familles, celui qu’elles ont utilisé le plus longtemps? Celui qui s’est conservé le plus facilement? Je ne sais mais il y en a beaucoup!

Il faut dire que c’est la deuxième caisse de fourchettes que je découvre ainsi.

En décembre, j’avais analysé les fourchettes de la caisse « Hotermans 01 ». Ce sont celles-ci qui m’ont amené à forger mes premières fourchettes.

Jusque là, j’avais essayé d’en forger plusieurs fois. Je n’étais jamais satisfait : les fourchons manquaient d’élégance, ils étaient inégaux, enfin, trop de défauts. J’ai recyclé ces tentatives et je n’ai plus cherché l’occasion d’en faire.

Après avoir apprécié les détails de celles de la collection Hotermans, la somme immense d’imagination de forgeron que cet ustensile a suscité, je me suis remis à la tâche.

Voici une première partie de ce qui m’a inspiré.

Six fourchettes

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Dimensions

  1. À partir de la gauche :
    numéro de la collection Hotermans 71.1.308.9 ;
    longueur totale 450 (toutes les dimensions sont en millimètres) ;
    largeur maximale de la poignée, 45 ;
    longueur des fourchons, 65 ;
    largeur des fourchons, 43.
  2. numéro de la collection Hotermans 71.1.308.10 ;
    longueur totale 490 ;
    largeur maximale de la poignée, 55 ;
    longueur des fourchons, 60 ;
    largeur des fourchons, 40.
  3. numéro de la collection Hotermans 71.1.308.7 ;
    longueur totale 665 ;
    largeur maximale de la poignée, 18 ;
    longueur des fourchons, 80 ;
    largeur des fourchons, 43.
  4. numéro de la collection Hotermans 71.1.308.2 ;
    longueur totale 540 ;
    largeur maximale de la poignée, 35 ;
    longueur des fourchons, 110 ;
    largeur des fourchons, 50.
  5. numéro de la collection Hotermans 71.1.308.8 ;
    longueur totale 592 ;
    largeur maximale de la poignée, 35 ;
    longueur des fourchons, 85 ;
    largeur des fourchons, 53.
  6. À mon grand désarroi je découvre que les dimensions de la fourchette 6, à droite, manquent dans mes notes. Bien sûr, à ma prochaine visite au musée …

Datation

Il est hasardeux de dater des ustensiles. Cependant, pour les fourchettes, Lecoq nous aide à le faire en donnant des indications détaillées, à la page 232 de son « Les objets de la vie domestique ».

Les fourchettes 1,2,5 et 6 : les coquilles des tiges des fourchettes indiquent qu’elles auraient été forgées au 17e siècle.

La fourchette 3 dont la tige et le balustre sont tournés et dont l’extrémité est en laiton serait, elle, de la deuxième moitié du 18e siècle.

Autre

Il faut lire le blog suivant. Le lien mène à un article sur les fourchettes, mais, ce blog qui présente des outils et des ustensiles anciens ne s’en tient pas là.

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Copie d’un grille-pommes de la collection Hotermans

Le dernier article était à propos des grille-pommes. On y voyait aussi l’ébauche d’une copie d’un de ces ustensiles que je forgeais à ce moment-là. Ce travail est terminé.

L’original

Grille-pommes, Collection Hotermans nº 1971.1.94.1

Grille-pommes
Collection Hotermans nº 1971.1.94.1
Photographie Yves Couture

La copie

Copie du grille-pommes de la collection Hotermans.

Copie du grille-pommes de la collection Hotermans.

Précisions à propos de la copie

Ailleurs, j’ai établi une distinction entre une reproduction et une copie. Le grille-pommes que j’ai forgé est une copie de l’original.

Ce qui en aurait fait une reproduction :

  • Les dimensions ont été respectées exactement.
  • Noter que les barres transversales du grille-pommes Hotermans et celles du mien sont carrées. Elles indiquent la possibilité que cet ustensile date d’avant la fin du 17e siècle. Dans l’article sur les grille-pommes j’explique pourquoi.
La structure est courbée dans un plat 3/16

La structure est courbée dans un plat
3/16″ x 1-1/4″ (5 x 32 mm )

  • Les techniques de forgeage sont les mêmes : pliage à chaud sur l’enclume et rivetage aux pattes des barres transversales où les pommes reposent.
  • Les outils utilisés sont ceux utilisés par le forgeron de l’original. La barre maîtresse a été fendue au ciseau, à chaud pour former les pattes et les pieds.
L'original

L’original

La copie

La copie

Ce qui en fait une copie :

  • Les formes sont les mêmes à l’exception des bouts des pieds.

Je m’étais préparé à forger une reproduction la plus exacte possible, comme si j’avais été le forgeron de l’original à qui on demandait d’en refaire un autre … Je n’ai pensé aux bouts relevés des pieds qu’après que le fer fut coupé. Fin de journée sans doute. J’ai décidé de continuer.

Une copie donc.

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