Les sources québécoises et canadiennes

Les références québécoises et canadiennes

Les ressources chez nous ne sont pas abondantes. Les Anglais, les Français et les USAsiens ont produit plusieurs ouvrages portant sur les ustensiles des 17e et 18e siècles. Chez nous rien. Ou rien de visuel. Ou fort peu. Les Anglais, les Français, les USAsiens semblent posséder une fierté eu égard à leur passé dans la cuisine que nous n’avons pas. J’essaye ici de la raviver.

On sait que Dupont a cédé à la bibliothèque de l’Université Laval une documentation visuelle importante. Elle n’est pas facilement accessible, si elle l’est. Il y a le Musée McCord qui possède sans doute des ustensiles de chez nous cependant mes demandes sont restées sans réponse. Je pense aussi qu’il y a des ustensiles dans un musée de Trois-Rivières. Je n’ai pas encore entrepris de démarches de ce côté.

Voici la liste de mes ressources.

– Audet, Bernard; Se nourrir au quotidien en Nouvelle-France; Les Éditions GID, Québec, 2001

Audet

  • Ce livre n’a pas plu à tout le monde:
  • Averti, critique en ce qui concerne les liens que l’auteur veut établir entre la colonie et la France, cet ouvrage revêt quand même un grand intérêt en ce qu’il contient un bagage important d’informations.
  • Ses sources sont abondantes.

– Arthur, Eric; Ritchie, Thomas; Iron : Cast and Wrought Iron in Canada from the 17th century to the Present, U of Toronto Press, Toronto, 1982

Arthur Ritchie

— Desloges, Yvon avec Decourval, Michel P. ; À table en Nouvelle-France, Alimentation populaire, gastronomie et tradition alimentaire dans la vallée laurentienne avant l’avènement des restaurants ; Septentrion, Québec, 2009

Desloges

Disponible
en format PDF

  • Un beau livre avec un choix d’illustrations de qualité.
  • Efficace dans la description de la cuisine des classes dominantes.
  • Peu de choses sur les techniques de cuisine.
  • Les ustensiles ne sont pas sont sujet.

– Dunton, Hope; Johnston A.J.B. ; From the Hearth, recipes from the world of 18th century Louisbourg; University College of Cape Breton Press; Nova Scotia, 1986.

Un petit livre pratique de bonnes justifications historiques

Un petit livre pratique
de bonnes justifications historiques

  • Ce livre est né dans le contexte de la restauration de la forteresse de Louisbourg. Madame Dunton, prise, comme elle le dit, dans l’engouement de la fin des années soixante de recréer le passé de Louisbourg, sa curiosité l’incita à explorer l’idée de reprendre la cuisson sur l’âtre comme la faisaient les français fondateurs de la forteresse.
  • Mise à part quelques indications historiques générales,  ce livre est un livre de recettes.
  • Les recettes sont prises dans les livres des chefs des 17e et 18e siècles qui se trouvaient dans la collection de livres rares de la forteresse.
  • Encore une fois, il faudra voir ailleurs pour déterminer si ces recettes étaient celles des membres des classes dirigeantes, ce que je crois, ou si tous les utilisaient. Il est clair que les colons n’avaient pas les moyens de se payer des livres de recettes. Clair aussi que les colons sont arrivés avec leur savoir faire et leur habitudes. Ils ne se souciaient sans doute pas de prendre part à la révolution culinaire qui se fit jour à partir de la fin du 17e siècle.

– Dupont, Jean-Claude; L’artisan forgeron. Les Presses de l’Université Laval / Éditeur Officiel du Québec, Québec, 1979, 356 pages, nombr. Ill.

Dupont

  • Un livre intéressant sans doute parce qu’il est le seul qui traite du sujet, comme celui de Moussette pour les systèmes de chauffage
  • Il y a eu chez Dupont une volonté de se donner des airs de scientifique en blouse blanche pour se bâtir une crédibilité. Il a donc procédé à un morcellement tout à fait abstrait et inutile par ailleurs des gestes du forgeron. Le livre offre quand même des intérêts très grands. Il essaie de faire le tour de la réalité de l’artisan forgeron.
  • Il y a des erreurs dans la description de certaines techniques de forgeage.
  • L’auteur a fait don d’une importante collection de photographies d’objets forgés à la bibliothèque de l’Université Laval à Québec. Il est bien malheureux que cette collection n’ait pas été publiée. J’ai l’intention de demander la permission de la consulter.

— Genêt, Nicole; Vermette, Luce; Décarie-Audet, Louise; Les objets familiers de nos ancêtres; Les Éditions de l’Homme, Montréal, 1974, 304 pages

Les mots pour les dire

Les mots pour les dire

Cet ouvrage constitue un répertoire de plus de quatre cents mots se rapportant aux objets de l’équipement domestique ainsi qu’aux termes techniques et stylistiques utilisés aux XVIIe et XVIIIe siècles en  Nouvelle-France.
— Les auteurs, tiré de leur introduction

Ce fut une belle surprise de découvrir ce livre. Il a paru en 1974, dans la foulée des prises de conscience de la valeur du patrimoine québécois. Tous ces mots viennent de 500 inventaires après décès.

La surprise ne fut pas la rigueur qui a présidé à la rédaction de ce répertoire ni la valeur intrinsèque de cet ouvrage. La surprise est venue du constat du grand nombre d’ustensiles de foyer et de cuisine qui se sont retrouvés dans la vie des Habitants de la Nouvelle-France à l’époque qui nous intéresse. Tous les ustensiles que l’on retrouve en France, en Angleterre, en Nouvelle-Angleterre se sont retrouvés dans les foyers et les cuisines de la Nouvelle-France. Et d’autres même. Faut dire que je n’y retrouve pas mes brochettes, cet objet qui m’a amené dans ce monde des ustensiles. Mes brochettes ne sont cependant que de petites broches qui elles s’y trouvent …

Autre intérêt de ce livre, pour plusieurs ustensiles, elle indiquent la fréquence du mot relevé dans les inventaires après décès et si l’ustensile était d’usage courant, limité ou rare et dans quel siècle. Je déplore qu’elles ne l’aient pas fait pour tous les ustensiles.

Enfin, en 1974, la Fondation MacDonald Stewart avait acquis la collection Hotermans. Les auteurs y ont eu accès. Elles y ont photographié certains ustensiles qui s’y trouvent de même que dans d’autres musées. Là aussi je pense que les illustrations auraient pu être plus nombreuses. À cette époque, on publiait des livres remplis de photographies de meubles. Dommage que la bourgeoisie ne se soit pas intéressé aux ustensiles en fer.

Si vous voulez mieux connaître le patrimoine qui est le nôtre, ce livre est d’une fort grande utillité. Lien vers un compte-rendu enthousiaste

– Lucas, Fiona; Hearth & Home Women and the art of open hearth cooking, Toronto, James Lorimer & co., 2006.

Lucas

  • Un livre à propos de la cuisine sur l’âtre.
  • Un petit livre mais joli, bien fait. Il nous donne une idée, une bonne de ce que les femmes devaient faire pour nourrir le monde de la maison avant qu’on ne commence à utiliser la surface des poêles pour la cuisson.
  • Plusieurs photos de foyers en opération dans des musées de reconstitution au Canada.

– Moussette, Marcel; Le chauffage domestique au Canada,des origines à l’industrialisation, Québec, PUL, 1983, 316 pp

Moussette

  • Compte rendu : http://id.erudit.org/iderudit/056153ar
  • C’est un livre extraordinaire en ce qu’il fait le tour d’une question qui n’a pas beaucoup retenu l’attention… ce qui est incompréhensible ici au Québec où le chauffage est si important pendant la moitié de l’année.
  • On y apprend que même quand les poêles sont apparus, la cuisson des aliments a continué de se faire sur l’âtre.
  • J’ai lu un article où on critique son recours à des sources secondaires et certaines de ses conclusions les plus « rondes » attribuant par exemple le poêle aux Français et les foyers aux Anglais… Il faut toujours se méfier des conclusions générales en histoire… et ailleurs sans doute.

– Séguin, Robert-Lionel; La civilisation traditionnelle de l’«Habitant» aux XVIIe et XVIIIe siècles. Montréal et PAris, Fides 1967, 701 pp

Séguin civilisation

  • Compte rendu : http://id.erudit.org/revue/rs/1968/v9/n3/055424ar.pdf
  • Il y a un chapitre dédié aux ustensiles. Rien de bien différent de ce qui se trouve dans son autre livre, en plus succint.
  • Comme dans son autre livre listé ci-après, il faut bien voir que ce visage qu’il présente est celui des nobles et des bourgeois. Il y a toute une couche de la société qui n’avait pas de bien à inventorier ni les moyens d’inventorier le peu de biens qu’elle pouvait posséder.

– Séguin, Robert-Lionel; Les ustensiles en Nouvelle-France, Leméac, 1972

Séguin ustensiles

  • Ce petit livre est une compilation de références à des inventaires de notaires et d’huissiers.
  • Il n’y a pas de références visuelles sauf quelques objets qui semblent un peu égarés et qui trop souvent viennent de France.
  • Il faut faire attention : Séguin semble avoir tendance à généraliser. Les inventaires ont été réalisés sans doute chez les gens les plus aisés. Il n’y avait pas de grande crémaillère dans toutes les maisons.
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