Au fut, la lumière fut

Voir le vin avant de le boire

Je me suis donné l’objectif de forger chaque semaine un ustensile en fer de l’époque de la Nouvelle-France. Ça ne fonctionne pas du tout !

Nous n’avons que le temps que nous prenons. Le temps que nous prenons n’est pas toujours celui que nous préférerions. Il y a le travail, la blonde, les petits, leurs petits, les autres, tous … enfin, vous savez.  Pour une fois j’ai décidé de prendre un peu de temps pour me faire un ustensile rapidement.

Je finissais la soirée en fouillant dans Lecoq et je me retrouve à la page 287 devant un bobéchon de caviste.

bobéchon Lecoq 287

Ça me paraît simple. Et l’idée d’éclairer un fut dans une cave à vin que je ne possède pas me plaît. Et je me mets à rêver doucement que par osmose, par la poste, par miracle ou autrement, je pourrais me retrouver avec un fut de rouge dans la cave … et, pas gourmand, juste un tout petit fut de Mercurey 1995 …

Le fut n’est pas venu … pas encore …

J’attends le fut.

J’ai le bobéchon cependant. Il est du quatrième type décrit par Lecoq :

« … une tige verticale était fixée au rebords du plateau ; sa partie supérieure se dédoublait pour former un double crochet de suspension ; pour maintenir la tige verticale, un autre double crochet, soudé à mi hauteur, l’écartait des parois du fut.

Le mien y ressemble sinon je n’en parlerais pas mais le mien n’est pas du tout comme celui de Lecoq ! N’ayant que la hauteur de 315 mm donnée par l’auteur, j’ai décidé d’utiliser le principe et non pas de reproduire l’ustensile ou de le copier. J’ai essayé  de me mettre dans la peau d’un forgeron de village qui doit produire un bobéchon sur commande et rapidement.

– Salut
– Ça va?
– Oui. Peux-tu me faire un bobéchon comme celui-ci.
– Il  vient d’où ton bobéchon ?
– Mon cousin à Beaune qui travaille aux Hospices. Je dois le lui rendre demain. Tu peux me le faire aujourd’hui?
– Ça va, reviens vers dix-neuf heures.
– Je te le laisse, non ?
– Non. Ça va. Je vois.
– Bon …

Et le soir …

– Il n’est pas tout à fait comme celui de mon cousin !
– Tu le voulais ce soir …

P1080293

La tige verticale du bobéchon de Lecoq est jointe à un cercle sur  lequel sont rivetés le plateau et les pieds.

J’ai  fais autrement. La patte du devant a été obtenue en pliant la tige verticale qui soutient  en même temps le plateau et la bobèche. La pointe a été fendue pour produire la fourche du pied de devant.

Les pattes arrières sont le produit de la refente d’un fer plat qui a été riveté dans la patte avant. Le binet (douille) et la cuvette sont aussi unis à l’ensemble par le même rivet.

Les pattes pour l’appui sont rivetées plutôt que soudées.

Enfin, comme je n’ai pas encore la cave, je l’ai pendu à un râtelier de cuisine.

P1080437

Une référence pour le vocabulaire du chandelier.

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A propos Yves Couture

Yves Couture forgeron, ferronnier vous avise, de ce qu'il est à votre disposition pour forger toute manière de crochet & autre système de suspension pour les ustensiles de cuisine, les vêtements, chapeaux, chaudrons, poêles, les balais, les clefs & aussi toute manière d'équerres & de potences pour soutenir des étagères de bibliothèques, pour des objets, pour des plantes que vous voulez accrocher au mur ou poser sur un banc, pour soutenir une crémaillère dans un foyer, sans compter la quincaillerie qu'il peut forger pour vos portes de maison & de jardin telle que clenches, crochets de retenue, verrous, pentures de toutes sortes & des grilles de séparation de pièces dans votre maison, des défenses pour vos soupiraux comme celles de la Place Royale à Québec ou celles à la manière de la volée d’oiseaux des fenêtres de l'ancien Hôpital de l'Hôtel-Dieu de la même ville, des balustrades pour vos balcons & toute autre quincaillerie que vous voudrez bien lui demander telle que des tasse-braises pour les fumeurs de pipe & tout cela sur mesure, selon vos besoins & à des prix qui vous étonneront & vous raviront. De plus, grâce à des recherches approfondies & soutenues, il est aussi en mesure de reproduire pour vous tout instrument ou ustensile de foyer & de cuisine en usage en Nouvelle-France tels que chenet, landier, hastier, tisonnier, pince, pare-étincelles, crémaillère, râtelier de cuisine du plus simple au plus complexe, des fourchettes d'honneur de même manière, des couvre-feux, des accotes-pots, des mains de fer, trépieds, potences, grils à plateau fixe & à plateau tournant, grille-poissons, grille-pain, broches & brochettes avec leurs supports & des moraillons verseurs, des couronnes d’office, des tourne-rôts à ficelle &c. qui vous permettront de donner à votre foyer moderne ou à votre âtre traditionnel une touche d’authenticité qui ne fera qu’en adoucir la chaleur. Son expertise en ces matières repose sur les livres spécialisés en la matière qui se trouvent dans sa bibliothèque et sur l'analyse des objets de la collection Hotermans du musée Stewart de Montréal qu'il a le privilège de pouvoir étudier. Cette collection d'ustensiles et d'outils en fer du XVIIº et du XVIIIº est une ressource essentielle pour connaître les outils de cuisine de la Nouvelle-France. Il faut aussi compter ses recherches en France, principalement en Bretagne et les quelques acquisitions de pièces qu'il a eut le bonheur d'y trouver
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2 commentaires pour Au fut, la lumière fut

  1. Alban dit :

    Bravo il est très bien , il est unique…signe Yves couture…

  2. Florence dit :

    Bonjour Yves,
    Votre blog est une merveille.
    De nous restituer les objets si fins du fer.
    Florence

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