Le bonheur est dans le pré et votre seau est dans le puits ?

Pour récupérer …

Il faudrait un autre bog sur la récupération des bonheurs perdus. Désolé. Pour le seau qui sottement fit le saut dans le puits par contre …

Parfois les seaux, ou les récipients contenant des mets et des boissons que l’on avait mis à rafraîchir dans le puits se décrochaient, et il fallait les récupérer dans l’eau. À cet effet, les taillandiers créèrent des cherche-puits basés sur le principe des grappins qui servirent également à accrocher la viande.
(Lecoq, page 216)

C’est exactement ce qu’il vous faut, un cherche-puits. Je vous en déjà fais voir un. Je vous le présente en détail. Mais auparavant, voici d’autres sources qui traitent de cet ustensile.

À propos des cherche-puits

Sur le WEB

  • Définition proposée par Objets d’hier (Il faut lire leur article à propos de cet ustensile et voir les images présentées).

Un cherche-puits, autrement nommé crochet de puits ou tire-seau, est un type de grappin en fer, le plus souvent forgé, composé d’une multitude de crochets, positionnés dans toutes les directions et superposés les uns aux autres.

  • Sur le site Vieux outils et art populaire, vous trouverez 50 photographies qui font voir autant de variantes du cherche-puits et de ses grappins.
  • Un autre apparaît sur le site Topic Topos qui présente le patrimoine des communes de France.

Dans des livres

Lecoq a produit les dessins de 5 types de cherche-puits.
(page 217).

cherche-puits-lecoq-dessins

Les objets de la vie domestique, Ustensiles en fer de la cuisine et du foyer des origines au XIXe siècle, publié chez Berger-Levrault en 1979

Mercuzot consacre quatre pages aux accessoires de puits. Voici trois des quatre cherche-puits qu’il présente. Il me faut dire que je fus particulièrement séduit par celui du milieu et que j’ai l’intention de le reproduire. Comment se fait-il que j’en ai besoin bien que je n’aie pas de puits à fouiller … ?

cherche-puits-mercuzot

Mercuzot, « Fer forgé, Histoire, Pratique, Objets ? Chefs-d’œuvre », publié chez Jean-Cyrille Godefroy en 2002

Quant à la collection Sorber, on n’y retrouve que des grappins de cherche-puits et non pas d’ustensiles complets à moins qu’il ne s’agisse de modèles plus simples. Plummer (page 149, 3/73).

cherche-puits-plummert

Plummer, « Colonial wrought iron », SkipJack Press

Dans « Antique Iron » (page 211), les Schiffer. semblent confondre cherche-puits et couronne d’office en ne mentionnant pas la polyvalence de cet ustensile. Ils nomment l’ustensile qui suit « meat hook ». Sur la même page et nommés de la même manière, il y a trois couronnes d’office avec des crochets fixes et des arceaux tous rivetés sur un cercle.

cherche-puits-schiffer

Shiffer, Antique Iron, page 211

À leur défense, il faut rappeler ce que disait Mercuzot :

Les cherche-puits ont aussi servi à pendre viandes et salaisons ; la similitude de certains modèles avec les couronnes d’office est à cet égard révélatrice.
page 220.

Cherche-puits ou couronne d’office?

Notes pour essayer de distinguer le cherche-puits de la couronne d’office

  1. Les couronnes d’office comme celles que nous avons vu ici constituées d’un cercle et de crochets rivetés et fixes, ne pouvaient servir à fouiller les puits. Mal en tous cas. Les cherche-puits ont plutôt des grappins et ceux-ci sont mobiles et le plus souvent joints à des arceaux par des émerillons. Noter que les grappins du modèle à couronne présenté par Mercuzot sont unis à la couronne par des esses fermées et sont mobiles.
  2. La fonction utilitaire du cherche-puits a exclu la décoration. Les cherche-puits que j’ai vu au musée Stewart, dans les livres et ailleurs ne comportent aucune décoration contrairement à beaucoup de couronnes d’office. On n’en a pas demandé au forgeron pour les cherche-puits et il n’en a pas produit. Cet ustensile ne se trouvait pas à proximité du foyer où la vie se passait. Il n’était pas vu tous les jours et ne servait pas à faire paraître l’aisance de la famille.

Quant aux maisons où le cherche-puits servait de couronne d’office ou bien là où la couronne d’office était ainsi faite qu’elle pouvait servir de cherche-puits, il n’y a pas de distinction possible.

Et le cherche-puits en Nouvelle-France ?

Ni Robert-Lionel Séguin qui a exploré à fond les inventaires après décès des notaires de la Nouvelle-France ni Genêt, Vermette et Décarie-Audette dans leur « Les objets familiers de nos ancêtres » ne mentionnent le cherche-puits. Et pourtant il y eut des puits si je me fie à Séguin et surement un besoin de cherche-puits :

Il arrive qu’on la (l’eau) puise dans un ruisseau coulant à proximité de la maison. Mais il faut forer des puits dans la plupart des cas.
« La civilisation traditionnelle de l' »habitant » …, page 358

Séguin ayant pris le parti de ne parler que des ustensiles de cuisine et de table dans « Les ustensiles en Nouvelle-France » , on ne s’attend pas à y trouver de cherche-puits. Il n’en parle pas non plus dans sa section « Le puits » de « La civilisation traditionnelle de l' »habitant » aux XVIIe et XVIIIe siècles » (pages 358 et 359). Il y aurait lieu, peut-être de s’étonner parce qu’il mentionne les outils utilisés pour puiser l’eau soit la brimbale, la perche et la manivelle.

Quant à Genêt et al. qui ont dépouillé environ deux cent inventaires après décès aux archives nationales dans le cadre de leur recherches universitaires et qui ont poussé  plus loin ensuite ces recherches « dans le but de reconstituer le décor quotidien à Montréal dans les années 1740-1760 » (page 15), elles ne mentionnent ni le puits ni les outils qui s’y rapportent.

Pourquoi cette absence?

Il faudrait établir qu’il y a bien une absence de cet ustensile dans les inventaires après décès. S’il y a des cherche-puits, ils ne sont probablement pas nombreux et n’ont de toute évidence pas attiré l’attention des chercheurs. S’il n’y en a pas,  … un outil qui ne valait rien ? On peut croire (à défaut de savoir) que le croc à viande de Genêt et al. , « ustensile de fer constitué d’un ou plusieurs crochets pour pendre la viande » a aussi servi de cherche-puits quand il le fallait. La dernière explication me semble la meilleure faisant appel la polyvalence de l’ustensile.

Le cherche-puits nº 71.1.209 de la collection Hotermans

Cherche-puits, Collection Hotermans, nº 71.1.209

Musée Stewart, photographie Yves Couture

Il est constitué de 

5 grappins à 4 crocs.

Le grappin central est suspendu à 5 émerillons maillés qui font office de chaîne. L’émerillon du dessus, traverse le point de rencontre des arceaux et l’anneau de retenue passe dans sa partie supérieure. Les quatre autres grappins sont chacun suspendus à un émerillon ce qui assure leur mobilité.

Technique

  • Les supports axiaux ont été obtenus en fendant un plat de 14 x 32. Le travail est parfaitement fait, les joints d’où les supports ont été fendus sont lisses. Il n’y a aucun signe de cassure aux angles.
  • Beau travail de soudure au feu par un forgeron qui avait l’habitude de la qualité.
  • La datation de cet ustensile est impossible.
    À la page 220 de « Fer forgé, Histoire, pratique, objets et chefs-d’œuvres » de André Mercuzot, il y  a trois cherche-puits. Il en a daté deux du début du XXe siècle et l’autre du XIXe siècle. En usage jusqu’au XXe siècle donc et forgés selon les mêmes méthodes et souvent sans doute avec du fer recyclé de périodes antérieures, la datation d’un tel outil est à peu près impossible. D’ailleurs Peter Brears disait dans « The old Devon farmhouse » :

Unless there is really sound evidence for dating such items,  it is much better to leave them undated, rather than resort to entirely spurious inventions.
page 52

Dimensions

Toutes les mesures sont en millimètres

  • hauteurs
    • supports axiaux, de la base des supports axiaux à leur dessus, 83
    • grappins, de la base des crocs au dessus de l’œil, 108
    • crocs des grappins 36
    • émerillons retenant les grappins aux supports axiaux
      • hauteur totale 68
      • hauteur de l’œillet, 26
  • largeurs
    • supports axiaux, 296 pour l’un et 317 pour l’autre
Cherche-puits, Collection Hotermans, nº 71.1.209

Grappin du cherche puits nº 71.1.209, Musée Stewart, photographie Yves Couture

 

diamètres & côtés

  • côtés
    • supports axiaux forgés dans un plat de 14 x 32 fendu

Cherche-puits, Collection Hotermans, nº 71.1.209

  • diamètres
    • les grappins de ø 8 sont repliés, soudés et forgés pour former au centre du grappin un ø de 15
    • les émerillons qui traversent les extrémités des supports axiaux, ø 19

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A propos Yves Couture

Yves Couture forgeron, ferronnier vous avise, de ce qu'il est à votre disposition pour forger toute manière de crochet & autre système de suspension pour les ustensiles de cuisine, les vêtements, chapeaux, chaudrons, poêles, les balais, les clefs & aussi toute manière d'équerres & de potences pour soutenir des étagères de bibliothèques, pour des objets, pour des plantes que vous voulez accrocher au mur ou poser sur un banc, pour soutenir une crémaillère dans un foyer, sans compter la quincaillerie qu'il peut forger pour vos portes de maison & de jardin telle que clenches, crochets de retenue, verrous, pentures de toutes sortes & des grilles de séparation de pièces dans votre maison, des défenses pour vos soupiraux comme celles de la Place Royale à Québec ou celles à la manière de la volée d’oiseaux des fenêtres de l'ancien Hôpital de l'Hôtel-Dieu de la même ville, des balustrades pour vos balcons & toute autre quincaillerie que vous voudrez bien lui demander telle que des tasse-braises pour les fumeurs de pipe & tout cela sur mesure, selon vos besoins & à des prix qui vous étonneront & vous raviront. De plus, grâce à des recherches approfondies & soutenues, il est aussi en mesure de reproduire pour vous tout instrument ou ustensile de foyer & de cuisine en usage en Nouvelle-France tels que chenet, landier, hastier, tisonnier, pince, pare-étincelles, crémaillère, râtelier de cuisine du plus simple au plus complexe, des fourchettes d'honneur de même manière, des couvre-feux, des accotes-pots, des mains de fer, trépieds, potences, grils à plateau fixe & à plateau tournant, grille-poissons, grille-pain, broches & brochettes avec leurs supports & des moraillons verseurs, des couronnes d’office, des tourne-rôts à ficelle &c. qui vous permettront de donner à votre foyer moderne ou à votre âtre traditionnel une touche d’authenticité qui ne fera qu’en adoucir la chaleur. Son expertise en ces matières repose sur les livres spécialisés en la matière qui se trouvent dans sa bibliothèque et sur l'analyse des objets de la collection Hotermans du musée Stewart de Montréal qu'il a le privilège de pouvoir étudier. Cette collection d'ustensiles et d'outils en fer du XVIIº et du XVIIIº est une ressource essentielle pour connaître les outils de cuisine de la Nouvelle-France. Il faut aussi compter ses recherches en France, principalement en Bretagne et les quelques acquisitions de pièces qu'il a eut le bonheur d'y trouver
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