Rôtir sans rôtir

Il est tout à fait inconfortable de tourner une broche devant un feu assez puissant pour rôtir des viandes.

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Dans les grandes cuisines, de jeunes enfants, les galopins, à peine nourris pour leur peine, tournaient les broches sous la férule des cuisiniers et rôtissaient eux-mêmes en même temps que les agneaux, les chevreaux et les porcelets. Le cuisinier de l’illustration ci-haut lève la main pour se protéger bien qu’il soit derrière un paravent qui devrait le faire. Dans les cuisines des familles, les femmes rôtissaient avec leurs volailles. Et je n’essaie même pas d’évaluer le danger constant guettant les femmes travaillant devant les puissants feux des âtres vêtues de robes et de jupons qui frôlaient les braises.

Ça marche!

L’ingéniosité n’a souvent pas d’adresse. Les solutions arrivent dans le temps, parce qu’il le fallait. C’est sans doute une fille qui y a pensé. Ou un forgeron entreprenant. Ceci dit, le tournerôt à ficelle advint. Je vous en ai d’ailleurs déjà parlé . Avec lui, deux ou trois secondes devant le feu  pour donner une impulsion au tournerôt permettaient de s’en éloigner pendant … longtemps. Je n’ose citer le chiffre que j’ai obtenu le trouvant nettement exagéré. Trois secondes à payer devant le feu pour s’en éloigner, faire autre chose pendant … un certain temps … alors que la volaille tourne toute seule, régulièrement, d’un côté, de l’autre.

Il faut insister sur l’efficacité de cet ustensile. Je répète :  les temps de rotation m’ont laissé pantois.

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J’ai forgé un trou aux bout de chacune des verges. On les voit mieux sur la photo qui suit. Je suis à fabriquer des poids en laiton. Ces poids seront installés dans les trous. Le temps de rotation sera accru et mieux régularisé.

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Si le mouvement alternatif enroulement/déroulement fonctionne bien, il faut cependant le double du temps normal pour cuire un faisan, même jeune, de cette manière si on en croit Sylvain Clussels cité par Lecoq.

Reproduction, copie?

Ni l’un ni l’autre.

Dans l’article où je présentais cet ustensile j’ai mentionné que je voulais reproduire celui qui se trouve dans le « Kitchen Catalog » de Brears, son numéro 161. J’en ai fais un autre pour toutes sortes de raisons. Bien qu’il ne soit ni une copie ni une reproduction d’un tournerôt à ficelle que je sache qui existe, c’est un ustensile qui est justifié historiquement : il se peut fort qu’un forgeron quelque part en France ou ici en ait forgé un comme le mien. … Je veux encore forger celui de Brears que je trouve particulièrement élégant.

 

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A propos Yves Couture

Yves Couture forgeron, ferronnier vous avise, de ce qu'il est à votre disposition pour forger toute manière de crochet & autre système de suspension pour les ustensiles de cuisine, les vêtements, chapeaux, chaudrons, poêles, les balais, les clefs & aussi toute manière d'équerres & de potences pour soutenir des étagères de bibliothèques, pour des objets, pour des plantes que vous voulez accrocher au mur ou poser sur un banc, pour soutenir une crémaillère dans un foyer, sans compter la quincaillerie qu'il peut forger pour vos portes de maison & de jardin telle que clenches, crochets de retenue, verrous, pentures de toutes sortes & des grilles de séparation de pièces dans votre maison, des défenses pour vos soupiraux comme celles de la Place Royale à Québec ou celles à la manière de la volée d’oiseaux des fenêtres de l'ancien Hôpital de l'Hôtel-Dieu de la même ville, des balustrades pour vos balcons & toute autre quincaillerie que vous voudrez bien lui demander telle que des tasse-braises pour les fumeurs de pipe & tout cela sur mesure, selon vos besoins & à des prix qui vous étonneront & vous raviront. De plus, grâce à des recherches approfondies & soutenues, il est aussi en mesure de reproduire pour vous tout instrument ou ustensile de foyer & de cuisine en usage en Nouvelle-France tels que chenet, landier, hastier, tisonnier, pince, pare-étincelles, crémaillère, râtelier de cuisine du plus simple au plus complexe, des fourchettes d'honneur de même manière, des couvre-feux, des accotes-pots, des mains de fer, trépieds, potences, grils à plateau fixe & à plateau tournant, grille-poissons, grille-pain, broches & brochettes avec leurs supports & des moraillons verseurs, des couronnes d’office, des tourne-rôts à ficelle &c. qui vous permettront de donner à votre foyer moderne ou à votre âtre traditionnel une touche d’authenticité qui ne fera qu’en adoucir la chaleur. Son expertise en ces matières repose sur les livres spécialisés en la matière qui se trouvent dans sa bibliothèque et sur l'analyse des objets de la collection Hotermans du musée Stewart de Montréal qu'il a le privilège de pouvoir étudier. Cette collection d'ustensiles et d'outils en fer du XVIIº et du XVIIIº est une ressource essentielle pour connaître les outils de cuisine de la Nouvelle-France. Il faut aussi compter ses recherches en France, principalement en Bretagne et les quelques acquisitions de pièces qu'il a eut le bonheur d'y trouver
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