Le soufflet-canon nº 71-1-239-9

Il n’y avait pas que le soufflet à main

Des soufflets à main, il y en avait chez les romains. Homère en parle. Vous savez, le soufflet qui sert souvent de décoration et parfois d’outil pour allumer les feux de foyer, de camping. Il a quelque chose de l’accordéon. On en a presque tous un, ceux qui jouent avec le feu … Voici le mien.

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Avec  ce genre de soufflet, ce sont vos bras qui soufflent. Il y avait un autre genre où ce sont vos poumons qui soufflaient.

Il y avait aussi le soufflet-canon

Voici la définition du soufflet canon de Genêt et ses comparses dans « Les objets familiers de nos ancêtres » :

Tige tubulaire faite souvent d’un vieux canon de fusil auquel on a soudé deux crocs à une extrémité. On appuie ces crocs sur les braises pendant qu’on souffle à l’autre extrémité du soufflet pour attiser les flammes. Ce type est assez rare et il est de facture plus rudimentaire.

Un canon de fusil recyclé

Soufflet canon Hotermans nº 71-1-239-9 conservé au musée Stewart

Raymond Lecoq ajoute des détails de construction :

Le soufflet à bouche se compose d’un tube, dont une extrémité évasée et hémisphérique forme embouchure;

Embouchure évasée

à l’autre extrémité, un orifice rétrécit canalise l’air projeté, le concentre et lui donne plus de force. Cette extrémité est refendue et forgée en deux fourchons ;

L'orifice de sortie est très petit

celle-ci éloigne l’arrivée d’air de son lieu de destination, lui conservant ainsi toute sa puissance. Cette fourche peut également servir de pique-feu. … Aux 17e et 18e siècles, les soufflets à bouche furent le plus souvent exécutés avec les canons des fusils à pierre.
— Raymond Lecoq, Les Objets de la vie domestique, page 86.

Et « … Dans certains modèles du 18e siècle la fourche est remplacée par deux languettes brasées sur le tube. » comme on le voit dans la photo plus bas, tirée de son livre.

Le  soufflet de la Collection Hotermans nº 71-1-239-9 du musée Stewart  a été fabriqué dans le canon d’un vieux fusil.

Dans la photo qui suit, on peut voir deux traits parallèles. On les imagine facilement décorer un canon de fusil. Il se peut que ce soient des marques produites par l’attache à une crosse de fusil. Ce ne sont surement pas des décorations du soufflet lui-même qui en est par ailleurs dépourvu si on excepte une certaine recherche dans le forgeage du crochet à l’embouchure. Et si nous nous fions à Genêt & al, il n’y en aurait pas du tout parce qu’ils étaient de fabrication « plus rudimentaire ».

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Il y a d’autres soufflets de ce type illustrés dans Lecoq et qui appartiennent d’ailleurs eux aussi à la collection Hotermans et il n’y a aucune décoration qui soit visible.

Lecoq, page 85 Soufflets canons Collection Hotermans

Lecoq, Les objets de la vie domestique, page 85
Soufflets canons de la Collection Hotermans

Le soufflet-canon Hotermans nº 71-1-239-9

J’ai choisi le nº 71-1-239-9  parce que ce fut le premier qui me fit écarquiller les yeux , parce qu’il est le plus simple et qu’il constituait un ajout pour moi et pour vous puisqu’il n’apparait pas dans la photo de Lecoq.

Dimensions

Toutes les dimensions sont en millimètres.

Dimensions hors-tout

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Pour comparaison, les soufflets canons qui se trouvent dans la photo de Lecoq mesurent de 480 mm à 830 mm.

L’embouchure

DSC03940La fourche

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Notes pour la reproduction de cet instrument

Le crochet (poignée) de l’embouchure ne semble pas avoir été soudé en place. Plutôt, il aurait  été installé chaud et rapidement refroidi pour enserrer le canon .

Il faut noter que la partie du crochet qui enserre l’embouchure est plus large en sa partie qui se trouve au bout de la tige qu’en sa partie qui se trouve du côté du canon. Il est fuselé.

Si vous voulez une reproduction d’un des soufflets de la photo du livre de Lecoq (ci-haut), la partie qui repose sur l’âtre est composée d’ailettes soudées au tube, brasées comme il le dit. Ce serait sans doute joli cette brasure qui laisserait voir le métal qui unit les pièces ensemble. Pour le reste, les photos sont explicites.

A propos Yves Couture

Yves Couture forgeron, ferronnier vous avise, de ce qu'il est à votre disposition pour forger toute manière de crochet & autre système de suspension pour les ustensiles de cuisine, les vêtements, chapeaux, chaudrons, poêles, les balais, les clefs & aussi toute manière d'équerres & de potences pour soutenir des étagères de bibliothèques, pour des objets, pour des plantes que vous voulez accrocher au mur ou poser sur un banc, pour soutenir une crémaillère dans un foyer, sans compter la quincaillerie qu'il peut forger pour vos portes de maison & de jardin telle que clenches, crochets de retenue, verrous, pentures de toutes sortes & des grilles de séparation de pièces dans votre maison, des défenses pour vos soupiraux comme celles de la Place Royale à Québec ou celles à la manière de la volée d’oiseaux des fenêtres de l'ancien Hôpital de l'Hôtel-Dieu de la même ville, des balustrades pour vos balcons & toute autre quincaillerie que vous voudrez bien lui demander telle que des tasse-braises pour les fumeurs de pipe & tout cela sur mesure, selon vos besoins & à des prix qui vous étonneront & vous raviront. De plus, grâce à des recherches approfondies & soutenues, il est aussi en mesure de reproduire pour vous tout instrument ou ustensile de foyer & de cuisine en usage en Nouvelle-France tels que chenet, landier, hastier, tisonnier, pince, pare-étincelles, crémaillère, râtelier de cuisine du plus simple au plus complexe, des fourchettes d'honneur de même manière, des couvre-feux, des accotes-pots, des mains de fer, trépieds, potences, grils à plateau fixe & à plateau tournant, grille-poissons, grille-pain, broches & brochettes avec leurs supports & des moraillons verseurs, des couronnes d’office, des tourne-rôts à ficelle &c. qui vous permettront de donner à votre foyer moderne ou à votre âtre traditionnel une touche d’authenticité qui ne fera qu’en adoucir la chaleur. Son expertise en ces matières repose sur les livres spécialisés en la matière qui se trouvent dans sa bibliothèque et sur l'analyse des objets de la collection Hotermans du musée Stewart de Montréal qu'il a le privilège de pouvoir étudier. Cette collection d'ustensiles et d'outils en fer du XVIIº et du XVIIIº est une ressource essentielle pour connaître les outils de cuisine de la Nouvelle-France. Il faut aussi compter ses recherches en France, principalement en Bretagne et les quelques acquisitions de pièces qu'il a eut le bonheur d'y trouver
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