Trépied à porte-queue

Un trépied à porte-queue c’est …

Hotermans 71.1.161.4

Une jolie bête.
Un peu insectueuse…

« La cuisson des aliments dans des récipients posa des problèmes pour les maintenir sur, au dessus ou près de la source de chaleur. »  (Lecoq, page 193.)

Une des solutions fut le trépied… trois pierres pour commencer… et il se trouva du  fer.

Un trépied simple peut supporter un chaudron, une marmite, une poêle. Et l’on mit de longues queues aux poêles pour éviter de cuire la cuisinière. La longueur de la queue fit basculer la poêle à la renverse. Il fallu la soutenir.

 

La partie avant du trépied, celle à deux pattes, sert à supporter la poêle au dessus des braises pour frire ou sauter des aliments. La partie porte-queue elle …

Le trépied à porte queue nº 71.1.161.4 de la collection Hotermans du musée Stewart

Un trépied à porte-queue de la collection Hotermans nº 71.1.161.4 Musée Stewart Lecoq, page 193.

Un trépied à porte-queue de la collection Hotermans
nº 71.1.161.4 Musée Stewart
Lecoq, page 193.

Le trépied qui apparaît à la page 193 du livre de Raymond Lecoq, Les objets de la vie domestique, Ustensiles en fer de la cuisine et du foyer des origines au XIX siècle (illustration ci-dessus), est celui que j’ai eu le plaisir de mesurer au musée Stewart de l’Île Sainte-Hélène. La Fondation MacDonald-Stewart acquit la collection Hotermans en 1971. L’illustration de Lecoq nous montre ce trépied portant une poêle.

Plus qu’utilitaire le nº 71.1.161.4, puisqu’il faut l’appeler par son nom, est aussi un objet élégant qui évoque le mouvement d’une bête mythique. Cette élégance, cette allure, cette grâce  ne sont pas amoindries par une facture étonnante.

Qui a forgé ce trépied?

On a l’impression que le trépied a été forgé par deux personnes : le patron, la maître de forge a soudé le cercle de fer. C’est lui qui y a riveté les pattes avec des rivets qu’il a forgé lui-même.

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Les pattes rivetées au cercle de fer qui forme le support.
Peu de rouille pour un objet du 18e siècle.

Le montant lui a été forgé par l’assistant. Ou le forgeron fut soudainement pressé par le client. Ou quelqu’un lui a fait perdre sa bonne humeur. Ou un trépied forgé par un artisan soucieux de la perfection a été modifié par un forgeron qui n’avait pas ce souci. On en le saura jamais. Cependant, le tenon qui lie la tige au montant est riveté grossièrement alors que les rivets qui traversent les pattes et le cercle sont égaux et bien martelés. Elle est grossière aussi la façon dont les supports pour la queue des poêles ont été découpés dans la tige du montant.

DSC03551

La refente de tous les supports,
celui du dessus et ceux des côtés est maladroite

De telles découpes se font à chaud avec une tranche. Les bords produits sont coupants et comportent des inégalités qui doivent être forgées. La vidéo qui suit, un film de 1935, fait voir ce travail de découpe comme il doit être fait et comment on doit ensuite forger les aspérités qui sont produites.

Dans notre objet, les supports du dessus et des côtés n’ont pas été forgés « proprement ». Les bords des supports sont rudes et n’ont pas été limés. Enfin, autre signe de frustration ou d’apprentissage, la distance entre les supports est inégale.

Quelques dimensions

Pour ceux qui auraient l’intention de se procurer ou de se forger une reproduction de cet objet en voici les dimensions.

Les dimensions du montant

Le montant a été forgé dans une pièce de fer qui mesurait environ 5 mm d’épaisseur et 25 mm de large. Prenez note que mes dessins ne sont pas à l’échelle. Ce sont les « notes » visuelles que je prends et qui me font mieux … comment dire … « connaître » l’objet.

Les dimensions des supports et du montant

Les dimensions des supports
et du montant

Le pied du montant

Le pied du montant

  • La hauteur totale : 552 mm 

Les dimensions de la partie trépied proprement dite

La partie trépied

La partie trépied

  • longueur des pointes des pattes qui entrent dans le cercle : 38 mm toutes les deux
  • longueur de la pointe de la tige qui dépasse le cerle : 18 mm

La tige entre le support et le montant

  • longueur de la tige entre le support rond et le montant : 285 mm

Les dimensions hors tout

Schéma des dimensions hors tout

Schéma des dimensions hors tout

  • hauteur mesurée au montant : 552 mm
  • hauteur mesurée au support : 187 mm
  • longueur totale : 538 mm

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A propos Yves Couture

Yves Couture forgeron, ferronnier vous avise, de ce qu'il est à votre disposition pour forger toute manière de crochet & autre système de suspension pour les ustensiles de cuisine, les vêtements, chapeaux, chaudrons, poêles, les balais, les clefs & aussi toute manière d'équerres & de potences pour soutenir des étagères de bibliothèques, pour des objets, pour des plantes que vous voulez accrocher au mur ou poser sur un banc, pour soutenir une crémaillère dans un foyer, sans compter la quincaillerie qu'il peut forger pour vos portes de maison & de jardin telle que clenches, crochets de retenue, verrous, pentures de toutes sortes & des grilles de séparation de pièces dans votre maison, des défenses pour vos soupiraux comme celles de la Place Royale à Québec ou celles à la manière de la volée d’oiseaux des fenêtres de l'ancien Hôpital de l'Hôtel-Dieu de la même ville, des balustrades pour vos balcons & toute autre quincaillerie que vous voudrez bien lui demander telle que des tasse-braises pour les fumeurs de pipe & tout cela sur mesure, selon vos besoins & à des prix qui vous étonneront & vous raviront. De plus, grâce à des recherches approfondies & soutenues, il est aussi en mesure de reproduire pour vous tout instrument ou ustensile de foyer & de cuisine en usage en Nouvelle-France tels que chenet, landier, hastier, tisonnier, pince, pare-étincelles, crémaillère, râtelier de cuisine du plus simple au plus complexe, des fourchettes d'honneur de même manière, des couvre-feux, des accotes-pots, des mains de fer, trépieds, potences, grils à plateau fixe & à plateau tournant, grille-poissons, grille-pain, broches & brochettes avec leurs supports & des moraillons verseurs, des couronnes d’office, des tourne-rôts à ficelle &c. qui vous permettront de donner à votre foyer moderne ou à votre âtre traditionnel une touche d’authenticité qui ne fera qu’en adoucir la chaleur. Son expertise en ces matières repose sur les livres spécialisés en la matière qui se trouvent dans sa bibliothèque et sur l'analyse des objets de la collection Hotermans du musée Stewart de Montréal qu'il a le privilège de pouvoir étudier. Cette collection d'ustensiles et d'outils en fer du XVIIº et du XVIIIº est une ressource essentielle pour connaître les outils de cuisine de la Nouvelle-France. Il faut aussi compter ses recherches en France, principalement en Bretagne et les quelques acquisitions de pièces qu'il a eut le bonheur d'y trouver
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